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Séjour du 14 au 24 novembre 2022 | Troisième et dernière visite : au bord du bassin, au nord : les lieudits des champs « La Justice », « Les cailloux »

Mardi 22, aller voir des points repérés sur la carte, Émilie conduit, j’oriente. Finir par trouver : direction la ferme d’Estracelle (bien marquée sur la carte IGN), pas de nom de lieudit des champs sur ces terres. Chance, l’agriculteur se manifeste à nous voir rôder ; nous dit que sommes à côté du chemin recherché. Partons à travers champs. Sommes équipés : nous avons nos bottes !

Un événement : un chevreuil, ou deux ?… L’animal est curieux : au loin, nous le voyons s’avancer prudemment en direction de la ferme ; le revoyons un peu après, courant, sautant, émergeant à des endroits différents, longeant une haie, sans doute cherche-t-il à quitter ces lieux trop marqués de présence humaine.

La pente de la colline indique le sud, en direction des cours d’eau qui alimentent la Lacquette : nous observons, goûtons l’endroit ; derrière, au nord, la route et on aperçoit au-delà une station de traitement des eaux usées et/ou d’eau potable, enfin, on la devine plus qu’on ne la voit.
Là-bas, c’est le bassin de la Lys.

Nous retournons au véhicule par cette route, celle-ci mène à Mametz.

Deuxième point, viser le lieudit des champs « La Justice » : passer par Saint-Quentin et retrouver au Pont de Folie – le pont enjambe le Mardyck – la petite route étroite serpente vers le village de Ham.

Avant le lieudit le Monbus, se garer dans la pente d’un chemin agricole, pas confortable comme situation, on espère ne pas gêner… mais où trouver à stationner dans cette campagne ? Ce chemin est annoncé privé, interdit aux véhicules et aux chiens même tenus en laisse… On dirait qu’on n’aime pas la chasse ou qu’on se la garde.

La montée est douce, on se dirige vers une cote à 33 m au-dessus du niveau de la mer ; au point précédent, on devait être à 30 m… Autant dire que c’est relativement plat ici, normal, nous ne sommes pas très loin d’Aire-sur-la-Lys et des basses terres.

Un point mobile dans le paysage finit par nous intriguer, donne l’impression d’être au niveau de la route, mais ce n’est qu’une impression, en poursuivant notre marche nous voyons un tracteur foncer sur le chemin qui coupe perpendiculairement le nôtre, va-t-il tourner et venir vers nous, non, il fait demi-tour et fonce dans la direction opposé. Revient. Repart, et ce, une autre fois encore… Étrange vision d’un bolide des champs qui va et vient sans autre but ! A son dernier passage, sommes pas loin, l’homme au volant nous salue, je fais de même et il disparaît cette fois : hum, fin de l’intermède.

En revenir au bassin : faut donc faire un effort, trouver des arguments comme quoi nous sommes bien dans le bassin de la Lacquette ; heureusement, un fossé nous sauve, il trace son lit en direction du ruisseau le Mardyck (doublé parfois du nom La Liauwette)…

Enfin, troisième et dernier point ce matin, prendre la direction de Marthes et s’aventurer tout au bout d’une rue : un chemin doit mener aux champs, le lieudit des « Cailloux ».

S’arrêter et poursuivre à pieds par ce chemin agricole : au bout, un bâtiment, un hangar, des engins dedans et quelques bovins. Émilie s’indigne de les voir parqués sans autre présence autour. L’endroit ferait mort, voir abandonné sans cela.
Plus avant, c’est l’autoroute des Anglais, le bruit l’a annoncé avant de le voir. Sommes un peu déçu du lieu, faudra que je revienne et prenne du temps pour sentir le bassin… Sommes à 51 m au-dessus du niveau de la mer et pourtant je ne remarque pas trop que nous avons pris de la hauteur, sauf peut-être en regardant du côté de l’autoroute vers le sud-est, indéniablement, ça descend. D’ailleurs, sur la carte, un nom des champs l’attesterait : « Le Fond Madame » ; le Mardyck naîtrait par là-bas.

Somme toute, notre rencontre avec ces 3 endroits sur le terrain n’est pas évidente. La ligne bleue du bassin dessinée avec Flora Tivelet de la Direction du GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Risques d’Inondation) sur la carte reste une fiction ; sur le terrain on se donne des raisons d’y croire, de s’enthousiasmer pour un fossé, une pente, une bosse…

Comment lire ce paysage où des eaux doivent s’écouler de terres en fossés, de fossés en ruisseaux, vers leur exutoire, la Lacquette ?
Opiniâtre, je poursuivrais ce voyage initiatique à observer des pas-grand-choses : quelques ondulations du paysages, des chemins qui traversent les champs dénudés à l’automne…
Rien de spectaculaire ici, malgré tout, je veux donner un corps à ce bassin, réussir à en révéler sa bordure, par touches, avec des endroits du paysage que je vais activer.
Tel est cet autre aspect du projet que, désormais, j’appellerai le Grand Tour et qui va exister aussi sous la forme d’une publication.

Séjour du 14 au 24 novembre 2022 | Deuxième partie : toujours à la rechercher de lieux, auprès de cours d’eau ou sur le bord du bassin

Vendredi 17, sortie avec Fabienne sur site : lui montrer celui de la Tirmande et celui du marais de la Besvres.
Le temps est dégagé, fait très beau, étonnant après ces derniers jours. Bon, ce n’est pas l’été, soit ! mais l’automne doré où les feuilles deviennent lumière avant de finir humus. Un moment de bascule.
En arrivant sur le premier site, cette fois : les ouvriers du chantier du pont ; sont en pause, nous approchons de midi. Je demande la permission de passer. C’est un peu plus encombré que la veille. Faut enjamber.

Je laisse Fabienne découvrir : aller au-delà de la barrière pour fouiner… humer ces lieux. La météo clémente facilite l’observation. Sommes posés tranquillement contre la clôture qui longe le cours d’eau : là, un pont ; à côté, un arbre qui nous interpelle… Mais cette clôture empêche tout accès à l’eau, demi tour, jeter un œil au fond du fossé, seul moment accessible du ruisseau, juste à côté de la barrière : le filet d’eau est en peine aujourd’hui. La Cavée de la Tirmande traverse le bourg, il est principalement alimenté par les eaux de ruissellement.

Le panneau indique que nous sommes sur la commune de Ligny-lès-Aire, le site des terrils est interdit d’accès, enclos.

En retournant au pont, nous nous arrêtons à la clôture du pré, celle-là même qui m’intéressait hier : il est temps de l’ouvrir et de descendre vers le cours d’eau. Ce pré est une invitation : ouvert sur la vallée ; en face, la pente s’expose comme un tableau. Un paysage restreint où seule l’eau manque, cependant les signes de sa présence sont bien là : un broussaille en guise de ripisylve dessine la limite de la pâture, suffit de la suivre des yeux.
Seul accès apparemment en face de nous, une barrière encadrée de tôles : impossible de passer sans risquer de la faire tomber, je ne vois pas clairement ce qui la retient. Je verrais plus tard avec l’éleveur, car derrière ça m’intrigue : ce qui fait le lit du ruisseau est paré de clôtures… Serait-ce un passage à gué pour aller vers d’autres pâtures ? Pourquoi ces tôles ?

J’entreprends de vérifier s’il n’y a pas un autre passage, longe vers l’amont : rien… Tout au bout du pré, derrière la clôture, au creux, le ruisseau, enfin ! Un pont l’enjambe ; celui-ci passe sous le remblai du chemin de fer. Par chance, je suis tombé sur ce pont qui était noté sur la carte IGN mais que je ne savais pas localiser sur le terrain, et pour cause : ce talus abrupt est désormais enfriché, les arbres masquent tout repère visuel. J’imagine le travail colossal qu’il a fallu fournir pour apporter toute cette terre et l’ériger en muraille, juste pour franchir une modeste vallée… Comme à Estrée-Blanche, faire passer le train a exigé la planéité du terrain, de combler les creux du paysage et d’araser les bosses.
Cette trouvaille attise mon envie d’en voir plus…
Aller regarder cet endroit d’au-dessus !

Remonter au chantier et contourner le pont pour emprunter le chemin autrefois de fer, aujourd’hui de randonnée : la Via Francigena, celle-là même déjà croisée à Longhem.
En marchant, je fouille du regard les bas côtés, apprécie la hauteur qui augmente, cherche des yeux le ruisseau ; je ne l’aperçois qu’à peine au début, puis il disparaît, définitivement, masqué par les broussailles de la pente. Je devine tout juste l’emplacement du pont aperçu d’en dessus : rien à voir ! tout à déduire et à imaginer. Inutile de poursuivre, je n’obtiendrai rien de plus de cette marche.

Quitter la Tirmande pour le marais de la Besvres, un endroit qui m’est connu depuis longtemps,
depuis le début de mon en-quête… Repasser par Estrée-Blanche, direction Witternesse puis La Besvres au sud des Pâtures d’Aire.

A La Besvres, j’entraîne Fabienne vers l’écurie proche du manoir, nous passons par la barrière qui donne sur le marais – celle-ci a été ouverte à plusieurs reprises, que ce soit avec Michel, Émilie et Samia ou encore Alfred…

Les chevaux, au loin (la pâture est grande).

Faire le tour par le fossé à gauche et remonter jusqu’au début d’un autre cours d’eau : la Laque.

Les chevaux semblent bien profiter eux aussi du beau temps : ils broutent, insouciants ; certains partent joyeusement au galop : c’est leur vie.

La mienne : trouver un endroit qui me plaît.
Ce sera en face de la barrière communal, enfin, celle qui se devine de l’autre côté de la pâture (je rappelle, elle est grande et je n’ai pas refait de photos).
Le mieux, d’ailleurs, est d’aller voir là-bas, la voir de près, de très près… l’ouvrir même, et emprunter le passage qui mène directement à la route, ça serait un accès pratique pour un public.
Avec Fabienne nous en convenons, l’endroit est à retenir !

Sortir sur la route, enfin…, sur le trottoir et regagner la voiture : quitter le marais de la Besvres pour ?…

Je propose à Fabienne d’aller vers Marthes, au-dessus de Blessy, près de Mametz. N’y suis jamais encore allé. Voir le Mardyck, jeune, avant Ham, me rapprocher de sa source, voir à quoi ressemble le ruisseau en ces lieux…

Croisons un ancien qui fait sa marche quotidienne, nous raconte l’eau ici, celle qui court à travers les champs, les alignements de saules blancs qui marquent son passage, ils dessinent encore l’ancien parcellaire d’après lui. Ces saules blancs nous fascinent…

Ici, mes arrières pensées : en allant vers le nord, je cherche à m’approcher de la limite du bassin de la Lacquette, telle que je l’ai dessinée sur la carte ; elle doit être juste être au-dessus de Marthes ; au-delà, on bascule dans le bassin de la Lys.

L’endroit me plaît, je sens la fin d’une pente, l’arrivée en douceur sur un point haut…

Par contre, le Mardyck n’est qu’un fossé où coule laborieusement un filet d’eau, vers Ham… Le fossé est bien calibré, il longe un chemin de campagne : un fossé des champs qui ne laisse rien paraître de son devenir… Suis un peu déçu de voir si peu de cas pour un ruisseau qui va entrer en gloire à Aire-sur-la-Lys.

Poursuivre jusqu’à un carrefour : nous apercevons l’ancien qui remonte vers le bourg, solitaire, et nous, nous allons juste observer un de ces alignement de saules qui vient buter contre la route : une double clôture encadre un fossé…

A l’opposé, le chemin mène à Ham, mais impossible ensuite de l’emprunter en voiture, il est privé, d’ailleurs comme celui que nous venons d’utiliser… Je reste perplexe, va falloir retourner au véhicule et rebrousser chemin.

Une prochaine fois, j’irais un peu plus à l’ouest, à la sortie de Marthes, en direction de l’autoroute des Anglais, je pense trouver un chemin qui me permettra d’approcher encore le Mardyck, toujours à la recherche d’endroits où me poser lors de mon Grand Tour, une nouvelle marotte ?

Séjour du 14 au 24 novembre 2022 | Première partie : tester des parcours, chercher des lieux, sur le bord du bassin ou auprès de la Lacquette

Chercher à avoir une vue d’ensemble et me dé-poser en des points précis : c’est encore jouer au jeu des allers et retours entre carte et sites… on n’en finit pas !

*

Depuis le mois dernier, je me projette à l’année prochaine… Tout ce que j’ai accumulé depuis août 2021 trouve à s’emboîter, s’articule pour définir mon projet : répondre aux envies de déposer mon expérience de la Lacquette, pour la transmettre à un public. Mes sorties, mes histoires, les ballades, les ateliers… ne seraient-elles/ils que des prétextes à nourrir le projet à venir ? C’est long, c’est lent, il me faut éprouver ce temps qui s’écoule, le passage des saisons, laisser advenir des événements et des rencontres qui me nourrissent. Tout cela ne finit-il pas par laisser émerger des façons de proposer des formes à mes rapports à la Lacquette : collection d’éléments propres à faire ouvrage, des matières à voir, à tripoter, des gestes à effectuer…

C’est un peu ma cuisine tout ça, mais c’est justement ce qui me motive : le processus, le cheminement, comme toutes mes ballades le long du cours d’eau ; c’est aussi ça que je veux transmettre, une expérience insistante de la Lacquette pour s’en imprégner, mais faut aussi savoir la courtiser, trouver des ruses pour qu’elle laisse entrevoir son intimité, c’est lui concéder quelques efforts et notre inconfort sans doute. Certains résumeraient cela en disant « faut sortir de sa zone de confort ».

Le côté disparate de ce que j’entreprends est maintenant dicté par mes besoins de compléter et d’articuler mes connaissances des lieux. Comme on me dit à Labanque, faut pouvoir entrer dans mon dessein pour savoir comment m’accompagner et donner les conditions d’accueil de publics. Pas si simple, passer d’un lieu unique comme un musée, un lieu d’exposition à des terrains éclatés géographiquement, en plein air, ça change la logistique à mettre en œuvre.

Mardi 15 novembre, je commence par passer à la communauté d’agglomération allait dans ce sens, faire une copie de ma carte de travail pour l’équipe de Labanque qui me suit. Quand je ne suis pas là, faut bien laisser des outils, que d’autres puissent s’en emparer pour avancer sans moi.J’en profite pour rendre des visites, retrouver dans les bureaux Jérémie et Michel pour donner des nouvelles, échanger sur le terrain des opérations… En causant apparaissent des besoins et je glane quelques infos.

Le mercredi est consacré à une sortie de terrain avec Émilie, nous allons voir ensemble ce circuit éprouvé le mois dernier de Witternesse à l’abbaye de Saint-André, la pluie et l’humidité récurrente de ces derniers jours ont détrempé les sols et trempe nos pieds… Émilie rit de mes erreurs d’interprétation des lieux au fur et à mesure de notre avancée. Je reformule déjà mon rapport au terrain à l’aune de faux souvenirs !… Là, une clôture que je pensais avoir franchie, trouvant les (fausses) preuves ; ailleurs, un coude de rivière que ma mémoire a inversé… Haaa ! Je me rends compte combien ma mémoire n’est pas fiable ; malgré les transcriptions du mois dernier et mes enregistrements photographiques, j’ai inventé une autre histoire, un monde parallèle, proche du nôtre, mais pas tout à fait le même… Troublant, une version alternative de la Lacquette. Hum, ça me rappelle autre chose…

Avec Émilie nous nous penchons sur mon idée de ballade avec un public. Faudrait-il imaginer faire ça dans le cadre de ma restitution à la fin du printemps ou garder l’idée de poursuivre ce que j’ai déjà fait à Estrée-Blanche et Quernes ? La question reste ouverte… Nous ne trancherons pas aujourd’hui.

Tout en cheminant, nous nous avançons jusqu’au chemin de la Lacquette, cette impasse sur la commune de Saint-Quentin… A l’orée, Émilie s’en va saluer les animaux de basse cour, sont dans un pré non loin d’une habitation ; elle veut revoir la chèvre que nous avions vue lors de notre visite à Gérard Botrel.

Nous en convenons, pour cette balade à venir, faudrait s’arrêter juste avant, à la clôture, et puis s’en retourner par le même chemin, mais en coupant à travers les prés pour rejoindre le chemin qui donne sur la rue de Blessel au sortir de Witternesse. Fin de cette séquence.

Jeudi, aller jusqu’à la Tirmande : voir un lieu potentiel pour me poser lors de mes restitutions. Mauvais temps, des travaux m’entravent, la route est coupée, je dois contourner, repasser par Estrée-Blanche pour accéder au site pressenti… Là aussi mes souvenirs sont défaillants, je peine à retrouver la bonne route pour circuler.

Deuxième entrave, après avoir réussi à garer le véhicule, le pont que je voulais atteindre est fermé pour travaux de réfection. Personne sur le chantier, je finis par passer outre les grilles et me faufiler jusqu’au chemin qui descend dans les champs.

Je déniche le ruisseau de la Cavée de la Tirmande tout au bout, bien maigre, c’est la diète, l’étiage se poursuit au-delà de la saison estivale. Sur l’autre versant, un champ détrempé garde trace de son ancienne culture, des patates n’attendent qu’à être glanées, enfin, ce que je crois, le sol trop mou ne résiste pas, je fais marche arrière…

En repartant, je regarde le champ à côté, le ruisseau le borde au fond, m’intéresse bien l’endroit, faudra que j’aille voir si l’endroit est intéressant, en tout cas j’apprécie la vue sur l’autre versant du ruisseau, bien pentu, je mémorise et noterai sur ma carte !

L’après-midi, en prévision d’une prochaine sortie concernant un point de chute potentiel, je rends visite à Michel, l’écogarde, pour lui demander des précisions afin d’accéder avec un public au marais de la Besvres. Et puis, je lui expose mon projet de récolter de bois de saule blanc pour mes restitutions ; je le sollicite, il accepte. Nous nous accordons, il note sur son agenda, nous effectuerons ces récoltes en février 2023… Cela peut sembler lointain, mais avec nos disponibilités respectives, c’est parfait, je pourrais mettre le bois de côté pour le printemps…

*

Un rappel brutal : la situation dans le bassin Nord-Picardie, sur les états de l’eau depuis cet été ; la presse régionale nous met devant des réalités que nombre d’habitants peinent à réaliser. Ce territoire est fragile alors qu’on le pensait à l’abri des risques de pénurie… La préciosité de l’eau est mise en évidence : qualitativement et quantitativement, l’eau n’est pas une évidence.

Supplément au journal du Jeudi 17 novembre de la Voix du Nord

« Jusqu’à il y a quelques années, on pensait qu’il n’y avait pas de problème de quantité dans le bassin Artois-Picardie : c’était l’image d’Épinal de la pluie dans le nord… Il se trouve que depuis 2017 , on est face à des épisodes de sécheresse récurrents, qui se confirment : cette année, nous avons été l’un des territoires les plus touchés. C’est nouveau, cela s’invite dans notre paysage hydraulique depuis peu. La plupart des gens s’imaginent que la ressource en eau est illimitée, que la sécheresse est un épiphénomène : pas du tout, c’est destiné à durer, à se reproduire. Du coup, depuis cinq ans, on a un problème majeur : nous n’avons pas de rechargement des nappes, c’est à dire de notre capital. »

Tiré de l’interview de Thierry Vatin, directeur de l’Agence de l’eau.